Media : le Tchad et la liberté de presse sont-ils en guerre ?
A
l’occasion de la journée mondiale de la presse ce 03 mai, l’on revient sur le
classement des reporters sans frontières concernant la liberté de la presse au
Tchad et le constat sur le terrain.
Un an après que le Tchad
soit 123 -ème sur le classement mondial, il gagne une place de plus au
classement mondial de la liberté de la presse publié par les reporters sans
frontière. Un classement certes placé sous le mécanisme de la peur des
journalistes dans le monde mais une réalité Tchadienne.
Le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters
sans frontières (RSF) montre que la haine des journalistes a dégradé en
violence. Cette dernière est facteur principal d’une ascension de la peur. Le
nombre de pays considérés comme sûrs, où les journalistes peuvent exercer leur
métier en toute sécurité, continue de se réduire, tandis que les régimes
autoritaires renforcent leur emprise sur les médias.
L’animosité à l’encontre des journalistes a fini par susciter des
passages à l’acte plus graves et plus fréquents, qui provoquent un
accroissement des dangers et, de ce fait, un niveau de peur inédit dans
certains endroits.
Les menaces, insultes et agressions font désormais partie
des risques du métier de journaliste dans de nombreux pays dont le Tchad. Au
pays de Toumai, ceux qui critiques les politiques du régime et veulent
contribuer à une construction dynamique de la bonne gouvernance sont traités des
« créateurs de trouble à l’ordre
publique », « des
incitateurs à la haine et à la violence » voire même « des usurpateurs du titre de
journaliste ». L’exemple de l’arrestation d’un
directeur de la place est une illustration.
Au Tchad, l’on constate de plus en plus des mesures
contraignant les journalistes dans l’exercice de leur fonction. D’un côté, une
autorité de régulation des médias qui sort des notes circulaires, de fois
contraire aux lois en vigueur régissant les médias au Tchad, de l’autres cotés
des personnalités qui s’exercent à la trafique d’influence, aux tentatives
d’enlèvements des journalistes mais qui restent muet.
Selon les reporters sans frontières, le changement de régime a permis à l’Ethiopie (110e)
de vider ses prisons des journalistes et de faire une remontée fulgurante pour
la 40 -ème place. C’est aussi une alternance politique qui a permis à la Gambie
(92e, +30) d’afficher l’une des hausses les plus importantes du Classement. Pour ne
citer que ces deux exemples. Dès lors, pouvons nous dire que poser que
le manque de l’alternance au Tchad depuis 1990 et la concentration des pouvoirs
avec l’avènement de la 4 -ème République sont des facteurs qui maintiennent le
pays dans le rouge ?
MBAINDANGROA DJEKORNONDE ADELPH


Commentaires
Enregistrer un commentaire